Témoignage anonymisé : se séparer avec des enfants en bas âge

Les prénoms ont été modifiés et certains détails personnels ajustés pour préserver l’anonymat de nos clients.

Quand Sophie et Thomas ont poussé la porte de mon cabinet, leur fils avait 18 mois et leur fille venait de fêter ses 4 ans. Ils venaient de prendre une décision qui leur avait coûté plusieurs mois de réflexion : se séparer. Ensemble.


“On s’est rendu compte que l’important, c’était eux”, me confie Sophie. “Pas notre couple, pas notre ego. Eux.”


Cette phrase résume à elle seule l’état d’esprit qui rend possible une séparation amiable lorsqu’on a de jeunes enfants. Ce n’est pas une démarche réservée aux couples sans histoire ou sans attachements. C’est une démarche qui exige simplement que les deux parents soient capables de mettre leurs enfants au centre. Ce qui les a amenés à choisir la séparation amiable


Sophie et Thomas auraient pu se battre. Ils avaient des désaccords réels sur la garde, sur le logement, sur la pension alimentaire. Mais ils avaient aussi compris quelque chose d’essentiel : une séparation conflictuelle, c’est des mois de procédure, des audiences, des avocats qui s’affrontent, et au bout du compte, deux parents épuisés et fragilisés face à deux très jeunes enfants qui ont besoin de stabilité.


“On ne voulait pas que nos enfants grandissent dans la tension de nos batailles juridiques”, explique Thomas. “On voulait qu’ils voient qu’on était capables de se parler, même séparés.”


La décision de se séparer à l’amiable n’a pas été facile à prendre. Elle a demandé de mettre de côté des blessures, des rancœurs, des peurs aussi. Mais elle a ouvert un espace de dialogue que la voie contentieuse n’aurait peut-être jamais permis.

Avec de très jeunes enfants, les enjeux pratiques sont immenses. Leur fils de 18 mois ne faisait toujours pas ses nuits. Comment organiser une garde dans ces conditions ? Leur fille de 4 ans venait de commencer la maternelle. Fallait-il maintenir la stabilité de son école, quitte à compliquer la logistique ?


Ce sont ces questions-là qui ont occupé l’essentiel de nos échanges. La convention parentale n’est pas un document abstrait : c’est un texte qui organise la vie concrète de deux enfants pour les années à venir.


Ensemble, nous avons travaillé sur la résidence habituelle des enfants, les modalités de garde pour chaque enfant en tenant compte de leur âge, les droits de visite et d’hébergement pendant la période de transition, la contribution à l’entretien et à l’éducation, et l’organisation des décisions relatives à l’autorité parentale conjointe.

Nous avons d’abord pris le temps d’identifier ce dont les enfants avaient réellement besoin à leur âge. À cet âge, les enfants ont besoin :

  • de stabilité;
  • de repères prévisibles;
  • de conserver des liens réguliers avec chacun de leurs parents;
  • d’être protégés des conflits.

Nous avons alors envisagé plusieurs scénarios. Après plusieurs échanges, les parents ont choisi une organisation progressive. Plutôt que de rechercher immédiatement une solution définitive, nous avons travaillé autour des besoins concrets des enfants : les deux passaient du temps chez chacun des parents selon un rythme adapté à leur âge, avec la possibilité de réévaluer l’organisation quelques mois plus tard. Cette souplesse a permis à chacun d’être rassuré.

Une grande partie du travail a consisté à anticiper les situations susceptibles de créer des tensions par la suite. Nous avons notamment abordé :

  • les horaires de remise des enfants;
  • les vacances scolaires;
  • les fêtes de famille;
  • les décisions médicales;
  • les activités extrascolaires;
  • les modalités de communication entre les parents.

Ces sujets peuvent sembler secondaires au moment de la séparation. Pourtant, ce sont souvent eux qui génèrent les conflits les plus fréquents dans les mois qui suivent. Les traiter en amont, dans un cadre serein, permet d’éviter bien des difficultés une fois la procédure terminée.

Ce que peu de gens réalisent avant d’entamer la démarche, c’est à quel point rédiger une convention parentale est un exercice de projection. Il faut anticiper. Que se passe-t-il si l’un des parents déménage ? Comment seront partagées les vacances scolaires dans cinq ans, quand les enfants seront plus grands ? Comment réviser la pension si la situation professionnelle de l’un ou l’autre change ?

Sophie et Thomas n’avaient pas réponse à tout. Personne ne l’a jamais. Mais la convention leur a permis de poser un cadre solide, suffisamment précis pour être sécurisant et suffisamment souple pour évoluer avec leurs enfants. “C’est rassurant de savoir que les grandes lignes sont posées”, dit Sophie. “On sait comment on va fonctionner. Et si ça doit changer, on sait aussi qu’on peut en reparler.”

Régler sa séparation ou son divorce à l’amiable n’efface pas la douleur. Cela ne résout pas tous les conflits. Mais elle offre quelque chose de précieux : un cadre bienveillant pour prendre des décisions importantes dans un moment difficile.

Sophie et Thomas sont sortis de la procédure avec une convention établie, deux enfants dont l’avenir était organisé, et surtout la capacité de se parler encore.
Plusieurs mois après, leur fils a commencé à marcher. Leur fille a fait sa première rentrée en CP. Et eux ont trouvé un nouvel équilibre, chacun de son côté, tout en restant parents ensemble.

C’est peut-être ça, au fond, l’objectif d’une bonne séparation amiable : ne pas détruire ce qui doit rester.

Vous traversez une séparation et vous avez de jeunes enfants ? Je vous propose un premier rendez-vous de découverte, sans engagement, pour faire le point sur votre situation et vous expliquer comment la démarche peut s’adapter à votre réalité familiale.

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